De désir et de sincérité

Article - De désir et de sincérité

Je pense que lorsque nous nous cachons des autres, nous nous cachons de nous-mêmes…
Lorsque nous nous révélons, nous prenons le risque de les voir s’approcher, entrer dans notre intimité…Nous prenons aussi le risque de les voir s’éloigner.
…Que faire ? Dire ou ne pas dire ? Se dire ou se taire ? Être ou ne pas être ?

Lorsque je crois que j’ai atteint, pour un temps, la plage tranquille et sereine de la satiété, ce rivage où la satisfaction me donne des instants de paix, la houle agitée, vivante et pulsante des vagues de l’océan des désirs, vient troubler le sable de ma sérénité. Inexorablement, continuellement…telle une marée qui parfois monte et parfois descend.

Lorsque la marée du désir est ascendante et me donne le sentiment intense de vouloir, de pouvoir, d’avoir envie, tout de moi se tend vers le monde et y trouve son objet. La vague du désir recouvre alors les ondulations douces du quotidien, bouleversant dans son élan impétueux l’ordre en place. Et pourtant, à vrai dire, il ne manquait rien…

Lorsque la marée du désir est descendante, l’océan mouvant de la vie semble s’éloigner et tirer à lui les grains les plus fins de mon appétit de vivre, aspirant dans son reflux toute mon énergie. Je me sens alors comme vidée. Et je manque à tout ce que la vie continue pourtant d’exhiber à mon regard devenu opaque.

Entre la manifestation du désir et son absence, se dessine le cap d’une existence, exigence émouvante de sincérité, de cohérence, de vérité. En fait, la vérité est un monde bien solitaire dans lequel chacun se protège de la peur de dire, de révéler ce qui s’agite « vraiment » au cœur de son univers intérieur, avant de se mettre à nu.

La complexité du désir et de ses manifestations m’interpelle. La complexité de ma relation au désir, tout autant. Je me suis trouvée, ces derniers temps, au cœur d’une tourmente humaine que partout il soulève : des couples s’aiment et se déchirent, des amants se trouvent et se perdent, des êtres se donnent à certains et à d’autres se refusent. J’ai beaucoup appris de chacun.

J’ai sondé mon cœur pour comprendre, en retrouvant mes propres souvenirs, les images de mes désirs passés, les sensations de leurs marées. Et moi ? Quelle est ma propre relation au désir ? Je sais qu’il est puissant, qu’il est fugace, qu’il est libre et insolent. Qu’il donne, lorsqu’il est présent, un sentiment impressionnant de toute puissance et qu’il légitime tout. Surtout la joie…mais aussi la souffrance. Qu’il est à la fois égoïste et généreux. Qu’il est naturellement complexe dans ce qu’il génère. Qu’il est vital.

Je me suis assise en ma compagnie pour accueillir toute l’émotion de mon désir présent et de la relation dans laquelle il jaillit. J’ai pris la mesure de chacun des choix, des options quotidiennes que sa force sous-tend. Et sous le désir, comme le roc solide qui soutient les choses, j’ai trouvé un sentiment profond, à la fois doux et puissant, rassurant et encourageant. Celui de ma responsabilité. Oui. Mes désirs, comme mes besoins, sont multiples. Ainsi, comme à l’image de la vague, des marées et des océans, ils créent parfois des remous car ils répondent à des mouvements contraires. Ils sont parfois contradictoires. Ils me placent toujours face à des choix.

J’ai pris le temps de respirer profondément, lentement, et j’ai senti mon cœur se gonfler de quelque chose qui s’élevait, enfonçant ce sentiment de force dans l’archéologie de ma conscience. J’y ai trouvé ma liberté. Oui. Car j’ai toujours la liberté de choisir à quel désir je vais répondre et comment. Il y a celui que je vais accueillir dans l’intimité secrète de mon cœur car il agrandit en moi le sentiment d’être intensément vivante. Je lui dois au moins cela. Il y a celui auquel j’offre, de tout mon être, l’espace de mes actes, du quotidien de ma vie. Sur l’océan mouvant des vagues de mes désirs, j’ai appris à naviguer.

Je comprends, avec une profonde émotion, que je ne suis pas telle une coque vide dérivant sans but et sans cap au gré des mouvements de ces lames de fond dont seule l’écume de surface est visible. Je ne suis pas victime de mes désirs. Être de désir je suis. Entre tous les désirs que j’accueille, je choisis mon cap, même dans l’incertitude. Car si j’ai toujours été libre de faire autrement, c’est bien ce que j’ai choisi de vivre qui dessine le paysage de ma vie et de mes relations.

J’ai le sentiment que l’être désirant n’est libre que s’il est responsable. Capable de répondre de son désir et des vagues qu’il soulève. A cette liberté responsable et sincère, j’aime à donner le nom de l’Amour. A cet amour, j’aime à donner le nom de sacrifice : ce à quoi je renonce dans la liberté de choisir, est tout autant sacré que ce à quoi je me donne dans cette même liberté. Dans ce renoncement, je ne perds que l’illusion de ma toute puissance, des certitudes et de leurs absolus…. Ce que je gagne se révèle dans l’acceptation de mon choix comme un mystère à vivre…si relatif ! Si fait de relations où je suis attendue

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