Article - La danse cosmique

La danse est l’expression la plus radicale et extrême de l’Éros Primordial, générateur de vie. L’abandon à la danse, à l’harmonie et au rythme est une expérience à la fois jouissive et terrifiante de participation aux grandes énigmes de la transformation cosmique. C’est participer à l’âme même de la création, faisant surgir le mouvement de la sagesse millénaire du contact, du jeu et du travail. En plus d’être le pacte téméraire d’alliance cosmologique, elle est la célébration de la communion dans la communauté des hommes.

La Biodanza a donc une origine double : l’une sacrée, l’autre profane ; l’une fugace, l’autre éternelle.

Dans la vivencia émouvante qui surgit de la danse, toutes les frontières sont abolies. L’extérieur et l’intérieur, le spirituel et le charnel, le transcendant et l’immanent sont les multiples aspects d’une seule et même réalité. Là, dans le mouvement indissociable des corps, les énergies émanant des cœurs se mêlent à celles qui nous parviennent du cosmos, du vent et des étoiles. De l’innocence qui les anime, surgit la sensualité la plus époustouflante car la vie palpitante est et sera toujours un élan vers le contact. Les corps possédés par l’élan de la danse reproduisent les tempêtes qui agitent les océans et font frémir les fleurs dans le vent.

Lorsque qu’un enfant réalise « sa » danse, il plus que jamais, une partie de la totalité cosmique, « une parcelle parmi les  parcelles de la grande âme incandescente », une harmonie de renouveau dans les cycles infinis de l’harmonie cosmique ; une mélodie ininterrompue dans la symphonie millénaire des énergies se cherchant et s’étreignant dans des danses d’amour.

C’est ainsi que la danse a toujours été comprise, depuis l’origine des temps.

Depuis les époques les plus reculées, la danse a toujours eu un sens sacré. Comme si le mouvement corporel, créant des formes pleines de sens, mettaient le danseur en résonance avec le cosmos. Comme si les mouvements corporels, coulant d’une source millénaire et inconnue abreuvaient la conscience de totalité.

Dans les danses sacrées, on a toujours observé le phénomène du mouvement comme l’expression d’une intégration entre l’homme et le cosmos. Chez les peuples de filiation religieuse dite « concrète », la danse est à la fois hommage, conjuration et célébration, adressées aux dieux sous forme de prière.

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L’énergie cosmique trace une spirale dans laquelle les fruits de l’amour sont éternellement détruits pour être éternellement régénérés.

 

La Danse de Shiva est la représentation du processus cosmique de création et de destruction infinie. Un danseur solitaire, dans le cercle de feu des constellations, réalise des mouvements qui créent et détruisent l’univers : sa danse anime des formes qui dérangent les modèles cosmiques du temps, de l’espace et de la matière. La danse se transforme alors en un ensemble dramatique de mouvements dotés d’un pouvoir de mutation, de transformation de la réalité.

La Danse Cosmique est toujours un acte complexe de séparation et d’union. Dans la genèse judéo-chrétienne, Yahvé sépare la terre des cieux. Dans la cosmogonie égyptienne, le vent sépare les deux frères jumeaux Ciel et Terre. En même temps qu’elles séparent, ces divinités peuplent les espaces sacrés d’étoiles, de plantes, d’animaux et d’êtres humains.

La conception mythique propose toujours l’acte de création du monde à partir d’un démiurge solitaire qui unit et sépare, qui crée et détruit, qui donne la vie et la mort. Dans la cosmogonie grecque, ils sont représentés par Éros et Thanatos.

J’essaie d’imaginer si les danses profanes de célébration et de réjouissance, si les danses d’amour, les danses dionysiaques, les bacchanales, ne pourraient pas être représentées dans l’étreinte féconde du couple cosmique. Dans la vision solipsiste du démiurge solitaire, créateur de l’univers, se trouverait magnifiée une manière de vivre l’expérience créatrice centrée sur le Moi. Alors que dans les danses d’amour – de mon point de vue, non moins sacrées – se retrouverait en image, le paradigme d’une vision créatrice différente, fondée sur la dualité, sur la complémentarité et sur l’harmonie des opposés, sur la diversité.

Il me semble cependant, que la séparation entre danses sacrées et danses profanes, faite par les historiens et autres théologiens, constitue une malhonnêteté intellectuelle.

La création comme fruit de l’union du couple originel possède, à mon goût et pour ma sensibilité de Biodanseur, une vitalité et une beauté nourries par la vision quotidienne de la dualité fécondante.

Le flux de l’énergie cosmique s’écoule vers les corps amoureux dans un processus évolutif par lequel les fruits de l’amour peuvent être consommés sans jamais disparaître. C’est-à-dire que l’énergie cosmique trace une spirale dans laquelle les fruits de l’amour sont éternellement détruits pour être éternellement régénérés.

Quelle est donc la dynamique cosmique ? La révolution ou l’évolution ? La danse de l’évolution a la forme d’une spirale. Nous nous élevons sur des rampes d’énergie. La danse de la révolution a la forme d’un cercle. Nous tournons en rond sur des cycles fermés et sans espoir. (révolution signifie « tourner sur un axe). En Biodanza, ce qui nous intéresse, c’est l’évolution, le développement infini.

La création est-elle un acte solitaire ou le fruit d’un acte d’amour ?

La création semble provenir d’un jeu oscillant où se rejoignent les danses individuelles d’intégration à l’univers, de participation au cosmos et les danses d’amour génératrices d’énergie évolutive.

Rolando Toro Araneda

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